Jacques Flèchemuller

Jacques Flèchemuller
Jacques Flèchemuller, Rat
Naissance
Nom de naissance
Jacques Muller
Surnom
« Flèche »
Nationalité
Drapeau : France Française
Activité
Formation
Mouvement
Influencé par

Jacques Flèchemuller est un artiste peintre, sculpteur et lithographe français né Jacques Muller le 26 février 1945 à Monaco. Après avoir vécu à Saint-Gratien (Val-d'Oise) et dans le 20e arrondissement de Paris, il se partage entre Beaulieu (Ardèche) et Brooklyn, New York.

Biographie

Jacques Muller, « né à Monaco par accident », vit à Saint-Gratien dès une enfance où l'amour de l'art lui naît simplement de son attirance pour les illustrations des calendriers des Postes[1]. Il est élève pendant cinq années de l'École supérieure des arts appliqués Duperré, puis de l'École nationale supérieure des beaux-arts[2] avant de trouver un atelier situé au n°5, rue des Envierges, dans le quartier de Belleville, et de s'y adonner à la peinture.

En 1970, avec un groupe d'amis étudiants de l"École des beaux-arts, Jacques Muller se rend à Saint-Paul-de-Vence afin d'y assister aux concerts que donne à la Fondation Maeght, peu avant sa mort à New York dans des circonstances obscures, le saxophoniste de free jazz Albert Ayler avec qui une relation sympathique se noue[1]. Lorsqu'en 1971 le même groupe fonde, aux fins de subsistance alimentaire, un petit cirque ambulant qui, en mémoire du musicien disparu, prend le nom d'« Albert et sa fanfare poliorcétique », Jacques Muller y est musicien (un disque intitulé La malédiction des rockers est enregistré[3]), clown, fakir et magicien sous le surnom de « Flèche » qu'il attachera ensuite durablement à son patronyme dans sa signature d'artiste[1]. Il rejoint un temps la compagnie de danse contemporaine de Maguy Marin au sein de laquelle il est comédien et gagman.

En 1973, Jacques Flèchemuller rencontre Jean Dubuffet qui s'intéresse à sa peinture et Alain Bourbonnais qui le soutient en l'exposant à l'Atelier Jacob[4]. Après des participations à de grands salons parisiens et des expositions en Belgique, en Suisse, en Suède, en Allemagne et aux Pays-Bas, Jacques Flèchemuller entre à la Galerie Jeanne Bucher en 1978 et y connaît sa première exposition personnelle en 1981. La décennie 1980 est celle de son départ pour New York où, retrouvant Puanani, Hawaïenne rencontrée à Paris qui devient rapidement son épouse, il s'installe, d'abord a Pine Bush (en), puis à Brooklyn.

Dans la continuité visuelle des calendriers qui fascinèrent son enfance, Jacques Flèchemuller conserve le goût de l'imagerie populaire et c'est dans les romans-photos et les bandes dessinées, à l'instar des Pieds nickelés[5], qu'il convient de chercher ses sources d'inspirations. Corinne Bonnet restitue que le rire de Puanani est le critère majeur de l'artiste pour mesurer que l'œuvre tient[6].

Expositions personnelles

  • Atelier Jacob, Paris, décembre 1973 - janvier 1974.
  • Galerie Yvy, Genève, 1973, 1974.
  • Galerie 92, Ostersund, 1976.
  • Galerie d'Eendt, Amsterdam, 1977.
  • Centre culturel d'Amsterdam-Amstelveen, 1979.
  • Galerie Jeanne Bucher, Paris, 1981, 1983.
  • Sag Harbor Art Gallery, New York, 1984.
  • Galerie Anne Plumb, New York, 1985, 1986, 1987.
  • Galerie Lavignes-Bastille, Paris, 1989.
  • Maison du verre, Paris, 1986, 1990.
  • Jacques Flèchemuller - Recent works, Linda Hodges Gallery, Seattle, 1987.
  • Rena Bransten Gallery, San Francisco, 1988.
  • Jamison Thomas Gallery, New York, 1989, 1990, 1991, 1992.
  • Jamison Thomas Gallery, Portland, 1989.
  • Galerie Athisma, Lyon, 1991, 1993, 1996, 1998.
  • Jacques Flèchemuller - Typhoid Series, Soho Medical, New York, 1993.
  • Galerie de la Pleau, Toulouse, 1993.
  • Galerie Raph Debarrn, Paris et Nice, 1994.
  • Annina Nosei Gallery, New York, 1994, 1995.
  • Galerie Catherine Niederhauser, Lausanne, 1997.
  • Galerie Jan Baum, Los Angeles, 1997.
  • Centre de radiothérapie, Nice, 1997.
  • PDX Contemporary Art, Portland, 1998, 2005, 2006, 2008, 2010, 2013.
  • Thea Westreich, New York, 1998.
  • Gracie Mansion Gallery, New York, novembre-décembre 1999 (Back to square one)[7],[1], octobre-novembre 2001 (Call my Mom)[8].
  • Schroeder Romero Gallery, New York, 2003.
  • Galerie Keller, Paris, 2007, 2009[9].
  • Galerie Varfok, Budapest, mai-juin 2008[10].
  • Jacques Flèchemuller - Me, myself and I, salle Lucie-Aubrac, Montmorency, mai-juin 2012.
  • The Good Luck Gallery, Los Angeles, 2015.
  • Exposition itinérante : Do you like Flèchemuller ?, La Pièce blanche, Paris, mai 2016[11], La Posada, Aywaille, septembre 2016[12], Galerie La Belle Époque, Lille[13] et Galerie Une Poussière dans l'œil, Villeneuve d'Ascq[14], décembre 2016 - janvier 2017, Galerie Rature, Liège, janvier-mars 2017.
  • Jacques Flèchemuller - Je vous aime beaucoup, Galerie Corinne Bonnet, Paris, septembre-octobre 2016[15],[16],[17].

Expositions collectives

  • La Vénus de Milo ou les dangers de la célébrité, Musée royal d'art moderne à Bruxelles, 1970.
  • Salon des réalités nouvelles, Paris, 1973, 1974, 1976.
  • Salon de mai, Paris, 1975.
  • Grafik aus Paris - 4 Künstler : Max Ernst, Jacques Flèchemuller, Roberto Matta, Bram van Velde, Musée de Worpswede (Allemagne), 1975.
  • Cerfs-volants, images pour le ciel, Festival d'automne, Paris, 1977.
  • C.R.A.C.A.P., Chalon-sur-Saône, 1978.
  • Galerie Jeanne Bucher, Paris, 1978, 1982.
  • Cinq artistes français à New York, Ambassade de France, New York.
  • Galerie Anne Plumb, New York, 1985, 1986, 1987, 1988.
  • Dessins et sculptures, Manhattan Art, New York, 1985.
  • Musée de La Poste, Paris, 1990 (Facteur d'art), 1994 (Plis d'excellence).
  • Los Angeles Contemporary Art Fair, 1990.
  • Art of the Triptych, Jamison Thomas Gallery, New York, 1990.
  • Annina Nosei Gallery, New York, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997.
  • Janco Dada Museum, Ein Hod (Israël), 1994.
  • Foire d'art de Bâle (stand Galerie Triebold), 1996
  • Galerie Athanor, Marseille, 1997.
  • French Connection, Triangle Workshop, New York, 1997.
  • Galerie Tohu-bohu, Marseille, 1997.
  • Journée du livre politique, Unesco, Paris, 1997.
  • PDX Contemporary Art, Portland, 1997, 2000, 2002,2005, 2011, , 2012, novembre-décembre 2016 (Love is a pink cake).
  • Absolute L.A. - International Biennal Art Invitational, Jan Baum Gallery, Los Angeles, 1997.
  • Gracie Mansion Gallery, New Tork, 1999, 2002.
  • FIAC, Paris (stand Éditions Éric Linard), Paris, 1999.
  • Seeing Money, Public Venue, Portland, 1999.
  • Changing FacesJim Kempner Fine Arts, New York, 1999.
  • Parker's Box, New York, 2003, 2010.
  • Monos Gallery, Liège, 2004, 2005.
  • Galerie Keller, Paris, 2008 (Ouvrez les yeux), 2009 (Enfance), 2010, 2011, 2012, 2013.
  • Institut hongrois de Paris, 2008.
  • Le langage secret des animaux, Tacoma Art Museum (en), Tacoma, 2010.
  • Fondation Emily Harvey, Venise, 2012.
  • Les 25 ans de la Galerie du Tableau, Galerie Saint-Laurent, Marseille, décembre 2014 - janvier 2015[18].
  • Des statistiques terrifiantes - Jacques Flèchemuller, Gregory Forstner, Philippe Jusforgues, Gérald Panighi, Galerie Eva Vautier, Nice, juin-août 2015[19].
  • Postcards from the edge, Metro Pictures Gallery, New York, 2017.

Galerie

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Réception critique

  • « Il aime Chaissac et Dubuffet et détient, comme eux, cette inspiration libérée de tout préjugé culturel. » - Monique Daubigné[20]
  • « Flèchemuller remains the master of the incongruos, making serious art with frivolous intent. » - Alun Williams[8]
  • « De son lointain et éphémère engagement comme clown dans un cirque itinérant, Jacques Flèchemuller à sauvegardé, dans sa peinture impertinente et décalée, l'art de la pirouette et du pied de nez. Autrement dit du sourire et de la désinvolture... L'artiste s'inspire des années 50 pour dire avec tendresse la vacuité qu'il ressent au sein d'un monde trop léché, trop convenu. Le sourire alors se crispe, une bouffée d'angoisse s'insinue au creux de l'illustration si sereine. On en voudrait pour preuve cette passion avouée pour Les Pieds nickelés, cette BD qui, à une époque bien-pensante, libéra la parole de la bande dessinée, fût-ce au prix de quelques entorses à la morale. Et c'est en empruntant le costume de Ribouldingue ou le squelette de Croquignol qu'il revisite quelques grands maîtres comme Vélasquez ou Goya - notamment un dessin de Saturne-Ribouldingue dévorant ses enfants emprunté au maître espagnol - et leur rend hommage par la dérision. » - Florent Founès[5]
  • « Le peintre le plus consternant de l'hexagone... » - Nicole Esterolle[21]
  • « De la pratique du métier de clown, Jacques Flèchemuller a hérité de l'art du masque et du comique. Mais ce masque ne cache pas : il cabosse, rend dérisoire les images codées de l'érotisme en vigueur... La cocasserie est omniprésente mais elle se nourrit d'une certaine angoisse. Les peintures, plutôt que d'épouser le courant, le remontent en cultivant des ratages programmés fertilisés par des savoirs dont l'origine se perd sans doute dans les premiers moments de l'art et la pratique des masques que les hommes inventèrent au moyen de terres de diverses couleurs pour créer des ruptures sémantiques avec ce qu'ils furent. » - Jean-Paul Gavard-Perret[22]

Musées et collections publiques

Collections privées

Références

  1. a b c et d Gracie Mansion Gallery, Jacques Flèchemuller, biographie publiée dans le cadre de l'exposition de 1999
  2. Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 5, page 510.
  3. « Le grand Albert et la malédiction des rockers », Actuel, n°26, décembre 1972.
  4. Jean Dubuffet et Alain Bourbonnais, Collectionner l'art brut, Albin Michel, 2016.
  5. a et b Florent Founès, « Jacques Flèchemuller, le rire au fond de la gorge », Arts Hebdo Médias, 26 septembre 2009.
  6. Corinne Bonnet, Jacques Flèchemuller - Je vous aime beaucoup, Nikkanberita, Tokyo, 2016
  7. Gracie Mansion Gallery, Jacques Flèchemuller - Back to square one, présentation de l'exposition, 1999
  8. a et b Alun Williams, Jacques Flèchemuller, Gracie Mansion Gallery, 2001
  9. Galerie Keller, Jacques Flèchemuller
  10. Galerie Varfok, Budapest, Jacques Flechemuller, présentation de l'exposition, 2008
  11. Le Parisien, « Do you like Flèchemuller », annonce de l'exposition, mai 2016
  12. La Posada, Do you like Flechemuller, présentation de l'exposition
  13. Galerie La Belle Époque, Do you like Flechemuller, présentation de l'exposition, 2016
  14. Galerie Une Poussière dans l'œil, Id.
  15. Galerie Catherine Bonnet, Je vous aime beaucoup présentation de l'exposition, 2016
  16. Galerie Corinne Bonnet, Jacques Flèchemuller, présentation de l'artiste
  17. Agence Germain Pire, Jacques Flèchemuller - Je vous aime beaucoup, présentation de l'exposition 2016
  18. Les vingt-cinq ans de la Galerie du Tableau, présentation de l'exposition, 2014
  19. Paris Art, « Des statistiques terrifiantes », présentation de l'exposition, 2015
  20. a et b Monique Daubigné, Fonds national d'art contemporain, acquisitions, Ministère de la culture, 1989.
  21. Nicole Esterolle, « La révolte fromangère enfin pompidolisée », Le magazine du Schtroumpf émergent, n°68, 25 mars 2016.
  22. Jean-Paul Gavard-Perret, « En présence des clowns : Jacques Flèchemuller », De l'art helvétique contemporain - Rubrique des arts plastiques et de la littérature en Suisse, octobre 2016.
  23. Weatherspoon Art Museum, Jacques Flèchemuller dans les collections

Bibliographie

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Jacques Flèchemuller, A
  • André Laude, Flèchemuller, Éditions Atelier Jacob, 1973.
  • Jacques Flèchemuller (préface de Dolene Ainardi), Jacques Flèchemuller, Éditions Athisma Art Contemporain, Lyon, 1973.
  • Marc Vellay (préface d'Ethan J. Wagner), Flèchemuller - Peintures 1983-1987, Éditions Éric Linard, Strasbourg, 1987.
  • Monique Daubigné, Fonds national d'art contemporain, acquisitions, Ministère de la culture, 1989.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (lire en ligne).
  • James Kalm, « Jacques Flèchemuller », The Brooklyn Rail, 1er février 2004 (lire en ligne).
  • Perrine Le Querrec, Flèchemuller - Monkey business, Éditions Galerie Keller, Paris, 2007.
  • Nicole Esterolle, « Flèchemuller est de retour : Monkey Business », Artension, septembre-octobre 2007.
  • Patrick Collier, The often monochromatic, sometimes off-colour world of Jacques Flèchemuller, Éditions PDX Contemporary Art, Portland (Oregon), 2010.
  • Bertyl Lernoux (préface de Xavier Mauméjean), Do you like Flèchemuller ?, Éditions Avant-Retard, 2016.
  • Jean Dubuffet et Alain Bourbonnais, Collectionner l'art brut, Albin Michel, 2016.

Liens externes