Louis Sognot

Louis Sognot
Portrait Louis Sognot par PG.jpg
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Formation
Maître
René Guilleré
Mouvement
Influencé par
Distinctions

Grand Prix et diplôme d'honneur à l'Exposition internationale, 1925
Prix Blumenthal, 1926
Prix, diplômes, plaquettes de la Société d'encouragement à l'art et à l'industrie
Chevalier de la Légion d'honneur, 1936
1er Prix du Rotin, Salon des artistes décorateurs, 1952

1er Prix du Ministère de la Reconstruction et du Logement, 1955

Louis Sognot (1892 - 1970) est artiste décorateur et designer. Tout d'abord protagoniste du Cubisme et du Mouvement moderne, il va s'en démarquer en s'éloignant des radicalités du Fonctionnalisme pour affirmer une certaine idée du confort et de la qualité ; cette position singulière explique sa double implication à la fois comme membre de l'Union des artistes décorateurs, créateurs, ensembliers (UADCE) et de l'Union des artistes modernes puis, plus tardivement, son engagement dans l'Institut d'Esthétique industrielle.

Biographie

Études et influences

Ancien élève de l'Ecole Bernard Palissy, il apprend l'ébénisterie chez Jansen puis l'aménagement des paquebots dans l'Atelier Krieger. Après sa démobilisation en 1919, il entre aux Grands Magasins du Printemps pour diriger l'Atelier « Primavera » après la mort de René Guilleré aux côtés de Mme Chauchat-Guilleré jusqu'en 1939 (arrivée de Colette Guéden). Primavera - qui est l'un des lieux fondateurs de l'Art déco - lui permet d'éditer ses premiers meubles qu'il présente au Salon d'Automne et au Salon des artistes décorateurs.

Le Mouvement moderne l'inspire largement et l'on se ressent rapidement dans ses créations une forte influence du cubisme - notamment dans le célèbre pavillon Primavera présenté à l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes en 1925. Il y découvre aussi les réalisations de Robert Mallet-Stevens, Francis Jourdain qui vont largement influencer ses futurs réalisations. Il adhère sous leur parrainage à l'Union des artistes modernes en 1930 - sans pour autant rompre définitivement ses liens avec la Société des artistes décorateurs.

Le temps du mobilier métallique

Bien qu'influencé par le mobilier en tube métallique chromé tel qu'il fut inventé par Marcel Breuer, Louis Sognot va trouver ses propres marques dans le Mouvement moderne dès la fin des années 1920. En association avec Charlotte Alix, il invente de très nombreux ensembles en métal mais qui cherchent à échapper au "Style clinique" pour se réconcillier avec la qualité d'une certaine tradition française revendiquée au Salon des artistes décorateurs. Il y ajoute des matières qui - sans être rares - dégagent une préciosité, comme les glaces, bois, moëlle de rotin, cuirs ou tissus colorés[1]. Il invente ainsi une chaise enveloppante en croute de cuir [2] et un tabouret de bar fortement architecturé par le tube de métal. Des meubles très largement remarqués par la critique de l'époque car ils semblent réconcillier productivisme de l'industrie et individualisme du décor[3] :

« On voit que s'ils ont presque partout utilisé le métal, ils ne l'ont fait que d'une façon très rationnelle en le faisant participer à l'ensemble, en le mêlant au bois sans l'imposer comme matière unique. Ils n'ont pas cherché les formules-standard ; au contraire, ils pensent que chaque nouvel ameublement comporte une nouvelle solution et c'est ainsi q'uils ont réussià donner de l'intimité à une matière que d'aucuns prétendaient inutilisable à ces fins »

Le tournant du modernisme social

Un nouveau tournant dans sa création s'amorce à partir de l'Exposition internationale des arts et des techniques en 1937, où Louis Sognot est Président du groupe des Etalagistes au Palais de la Publicité, alors que se diffusent les premières créations de qualité abordables par des classes moyennes - notamment dans le Pavillon suédois. Le relai est pris au Salon des arts ménagers en 1939 quand il présente une chambre d'hôtel très économique et entièrement en rotin[4]. La guerre interrompt cette amorce de démocratisation mais Louis Sognot va reprendre ce travail dès 1945, en concevant des modèles pour sinistrés aux côtés de René Gabriel[5]. Il le reprend ensuite avec Jacques Dumond pour des appartement types à l'Exposition internationale de l'urbanisme et de l'habitation en 1947.

Dans cette période, il définit un vocabulaire créatif précis où interviennent surtout le bois clair, le rotin - dont il est devenu le spécialiste en France - et plus ponctuellement le métal. Il reste très dynamique jusqu'aux années 1960, ses créations luxueuses sont éditées par Maurice Rinck (dont celle présentée à l'Exposition universelle de 1958) alors que d'autres modèles plus simples sont produits industriellement. Mêlant les uns et les autres dans ses stands, aux arts ménagers ou aux artistes décorateurs, et dans ses aménagements, il crée des associations particulièrement originales où, dans des lignes larges et souples, contrastent le ton clair du rotin, les couleurs vives des tissus et le noir du métal dans les meubles ou dans les luminaires de Serge Mouille...

Enseignement

Louis Sognot est aussi un enseignant très reconnu qui va former de nombreux créateurs. Patrick Favardin le présente ainsi[6] :

« Il fut un exemple et une référence pour ses étudiants, par son talent, son savoir-faire, et surtout par une approche sensible et pleine de finesse de son métier. Son œuvre de décorateur et de créateur est marquée par un esprit modaerniste d'une ouverture remarquable." »

Il est :

Bibliographie

  • Remy Côme, Création en France. Arts décoratifs. 1945-1955, éd. Gourcuff Gradenigo, 2009
  • Patrick Favardin, Les décorateurs des années 1950, éd. Norma, 2003
  • Pierre Kjellberg, Art déco, éditions de l’amateur, 3ème éd., 2004

Notes et références

  1. Pierre Kjellberg, op. cit., p. 224-225
  2. Les grands magasins du Printemps ont créé des éditions en hommage à cette célèbre chaise en 2013
  3. Raymond Cogniat, « Louis Sognot et Charlotte Alix », Art et décoration, novembre 1930, tome 58, p. 147-157
  4. Chambre d'hôtel éditée par Rougier en 1939 présentée dans Meubles et décors, janvier 1956
  5. Élisabeth Chauvin, Appartements témoins de la reconstruction du Havre, éditions Point de vues, 2007
  6. Patrick Favardin, op. cit., p. 156

Voir aussi