Zoo Project

Zoo Project, pseudonyme de Bilal Berreni, est un peintre urbain français mort en juillet 2013 à l'âge de 23 ans à Détroit (États-Unis). Son travail en Tunisie, juste après la révolution tunisienne de 2010-2011, a été particulièrement remarqué.

Biographie

Bilal Berreni est né d'un père d'origine algérienne et d'une mère périgourdine. Il est le petit-fils de Charles Sarlandie, chef d'état-major de la Résistance en Dordogne-Nord[1].

Adolescent parisien du XXe arrondissement[2], Bilal Berreni commence à l'âge de 15 ans à peindre des murs de son quartier[3]. À l'école Boulle, il passe un bac arts appliqués puis intègre l'École Duperré où il obtient un BTS de communication graphique[4]. Il peint de grandes fresques noir et blanc sur des murs d'immeubles parisiens[5] qu'il signe Zoo Project, nom qu'il souhaite donner à un collectif dont il restera le seul membre[4]. Il porte un fort intérêt pour le travail d'Ernest Pignon-Ernest mais aussi pour des peintres plus traditionnels comme Gustave Courbet ou Ingres[4].

Zoo Project trouve la notoriété en 2011 grâce à son travail en Tunisie[2] où il peint sur des cartons des portraits grandeur nature de victimes de la révolution qu'il expose dans les rues de Tunis[4] : pour lui, « Dessiner n'est plus un acte onaniste, nombriliste, mais une action politique, civique, citoyenne, en prise avec le monde »[4]. Après Tunis, il rejoint la frontière orientale de la Tunisie et le camp de Choucha où il s'installe et partage pendant un mois la vie des milliers de réfugiés ayant fui la guerre civile libyenne et peint leur portrait sur des oriflammes de toile blanche[4],[6].

De retour à Paris, Zoo Project retrouve une certaine solitude[4]. Il repart ensuite plusieurs mois dans l’est de l’Europe et en Russie à la recherche des « fantômes de l'ex-URSS » et réalise, en collaboration avec le réalisateur Antoine Page, un documentaire mêlant cinéma et dessin (C’est assez bien d’être fou)[4],[2].

En juillet 2013, Zoo Project est retrouvé mort, assassiné par balle, dans un immeuble désaffecté de Détroit aux États-Unis mais son corps n'est identifié qu'en mars 2014[5],[7],[8]. Le 3 septembre 2014, la police de Détroit annonce que trois hommes ont été inculpés de son meurtre[8].

Style

Son art est reconnaissable car il s'adresse à tous[9]. Il décrit à la fois un monde proche de nous avec des formes identifiables qui sont le plus souvent des animaux et aussi un univers nettement plus onirique voire surréaliste où l'on peut observer des êtres étranges, souvent hybrides: des hommes avec notamment des têtes d'animaux. C'est sa manière personnelle de signifier aussi une certaine absurdité de la vie.

Certes un art qui est bien souvent figuratif mais avec une orientation marquée pour l'art conceptuel voire l'art minimal. Il utilise la forme autant par tradition que pour énoncer une idée. Et donc il est très proche de peintres américains comme Keith Haring ou Sol LeWitt pour qui selon celui-ci l'idée devient la machine de l'art[10] !

Notes et références

  1. Stéphanie Claude, « En souvenir de Zoo Project », publié le 4 juin 2014 sur le site du quotidien Sud Ouest
  2. a b et c Imanol Corcostegui, « Le corps du street artist français Zoo Project reposait à la morgue de Detroit depuis huit mois », publié par Rue89 le 30 mars 2014
  3. « L'artiste Zoo project est mort à Détroit » publié par le site du quotidien Le Monde le 29 mars 2014
  4. a b c d e f g et h Laurent Carpentier, « En Tunisie, Zoo project dessine les visages de la révolution », publié par Le Monde Magazine le 3 juin 2011
  5. a et b « États-Unis : le street-artiste français Zoo Project retrouvé mort à Detroit » publié par le site du Parisien le 29 mars 2014
  6. Alain Korkos, « Zoo Project : son souvenir forme la peau des murs », publié par le site Arrêt sur images le 31 mars 2014
  7. (en) « Bilal Berreni, 23, painted worldwide; why was French artist found shot dead in Detroit? » publié par Detroit Free Press le 28 mars 2014
  8. a et b « Trois hommes inculpés pour le meurtre de l'artiste français Zoo Project » publié par le site du quotidien Le Monde le 4 septembre 2014
  9. « Zoo Project, l'étrange mort d'un jeune prodige du street-art français », sur Le Nouveau Cénacle (consulté le 1er novembre 2014)
  10. « Zoo Project (vidéos) », sur Espace Trévisse (consulté le 1er novembre 2014)

Lien externe